Le BEAUJOLAIS

Entre Cluny et Saint-Cyr-le-Chatoux
Cluny – Tramayes – Beaujeu – Saint-Cyr-le-Chatoux

« … Les marcheurs savent qu’il est souvent plus fatigant, moins plaisant de descendre que de monter, la descente use les genoux et le dos et elle est presque toujours moins intéressante que la montée, je ne sais pas pourquoi, peut-être parce que la montée est synonyme de commencement; le commencement de quelque chose de nouveau. Descendre c’est plus triste, déprimant, nous marchons vers quelque chose qui ressemble à une fin… Si la descente nous paraît si épuisante, c’est peut-être que nous voyons les choses bien avant de les atteindre; là nous apercevons le tournant que nous allons bientôt prendre, ici nous suivons un sentier traversant la forêt que nous contemplions d’en haut, maintenant nous découvrons le monastère que nous avons déjà longuement scruté du haut de la colline. Nous descendons. » Marcher de Tomas Espedal

Ce texte pour illustrer nos quelques étapes dans les Monts du Beaujolais, où nous ne pensions pas nous attaquer à des dénivelés de cette ampleur. Bab nous a quittés depuis Taizé et c’est sans elle que nous continuons. Deux étapes particulièrement ardues, l’une entre Tramayes et Beaujeu, l’autre entre Beaujeu et Saint-Cyr-le-Chatoux, deux étapes différentes mais encrées dans nos mémoires et dans nos mollets.

« Obscurum per obscurius
Ignotum per ignotius »

Aller vers l’obscur et l’inconnu
Par ce qui est plus obscur et inconnu encore.

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Une série de 4 cols… qui ne sont pas des faux-cols…
La première étape est composée d’une série de cols, tous plus « intéressants », attrayants et « piquants » les uns que les autres : le Col de Bourbon, puis le Col du Fût Froid, puis immédiatement après le Col de Fontmartin et pour terminer le Col du Fût d’Avenas pour un dénivelé cumulé de près de 1000m.

Au milieu des collines qui se succèdent comme des vagues, à travers les pins austères et les vieux sapins, je fixe mon regard sur un grand conifère qui surplombe notre chemin, est-ce un Douglas ou un Nordmann peu m’importe, je m’accroche à lui car la pente devient raide. Autour de moi, des rochers, des herbages bariolés de fleurs. Le chemin recouvert de cailloux de toutes formes nécessite d’être vigilant, les chevilles sont fragiles. Quelques vaches, au loin, les unes isolées, les autres groupées, se détachent dans l’immensité verte avec une singulière netteté. Tout est tranquille, aucun bruit juste le bruit de nos pas qui accrochent la pente. A droite, au-dessus d’une large ceinture de forêts, quelques monts isolés, à gauche, la sylve évanescente se déroule interminable, sous un voile de brume claire. Tout cela dans un grand calme, lumineux. Cette beauté insaisissable, nous empoigne d’un coup, nous harponne et nous émeut jusqu’aux frissons. Elle fait entrer dans nos cœurs une adoration muette, voire un début de dévotion pour ces instants de bonheur révélés… dans l’effort.
Enfin cette descente interminable vers Beaujeu, sur un chemin moitié éboulis, moitié ru, une descente sans fin de 30mn où pieds et genoux sont chauffés à blanc.

Une série de 4 croix… Notre chemin de Croix…
La seconde étape est composée d’une série de 4 croix qui s’enchaînent jusqu’à l’arrivée au petit village de Saint-Cyr-le-Chatoux: La croix d’Andilleys, le col de la Croix Marchampt, le Col de la Croix Rosier et le Col de la Croix Montmain, pour un dénivelé cumulé de 1200m.


Marcher, en montant, pendant toute une journée sous la pluie…
Avancer. S’élever dans la pente. Lutter contre la gravité et les éléments. Longer une anfractuosité. Se glisser dans les fourrés. Passer entre les arbres des forêts et se laisser fouetter par le crachin sur une crête… Porter son corps là-haut; vers le ciel… Pas seulement le corps : l’esprit. Certains diraient : l’«âme»… Nul ne peut marcher dans la montagne sans changer ses émotions, ses comportements, ses pensées, jusqu’à ses rêves. Les sentiers pentus se méritent. Ils sont souvent malaisés, caillouteux, inégaux, dangereux. Ils requièrent qu’on n’écoute pas sa paresse. Ils exigent de l’énergie et de la persévérance. Ils peuvent devenir odieux. On y a le cœur qui bat la chamade, on y souffre de tous ses muscles. On en bave.
On tire bénéfice de cette douleur. Le corps s’habitue à l’effort, aux épines, à la pluie et au froid. La respiration devient plus ample. Le flux sanguin nourrit les cellules. Les muscles, les os, les articulations se confortent, le moral suit. On rejoint, par la pensée, la cohorte des vagabonds aux semelles de vent, des philosophes ambulants, des romanciers et des poètes qui se sont plus à contempler le monde sur les lacets de ses hauteurs, au cœur des paysages les plus sauvages. Nous dominons les nombreuses vallées, mais les nuages, le brouillard, la brume montent et voilent tout. Nous cherchons en vain une bauge pour manger notre casse-croute, mais nous ne trouvons rien et la pluie continue… Quand soudain au Col de la Croix Montmain nous rejoignons le rallye automobile qui nous a pourris la vie depuis Beaujeu. Mais là, c’est un havre de paix qui vient fort à propos, nous nous mettons à l’abri sous la buvette et les jeunes qui la tiennent nous dorlotent ébahis par notre périple. Au menu : Merguez au barbec, vin chaud et croissants.

Moments anecdotiques en souvenir de Bab qui nous a quittés…


Gil mène souvent la marche, que Dom ferme. Dominique aime bien être derrière, tout faire côte à côte… mais derrière. Et Gil préfère la Dom, derrière, car devant c’est une petite chèvre fofole, au rythme en surrégime, au tempo excessif se préoccupant peu du reste de la cordée… une chevrette fofole, vous dis-je ! Toutefois notre duo de marcheurs est parfaitement réglé, même rythme, même souffle, même battement du cœur, même tempo… un vrai plaisir que nous entretenons depuis 46 ans… Une sorte de duetto pour la vie.
« Moi devant et Narve derrière, deux machines à marcher, aux mouvements coordonnés; un rythme tenace, insistant, tranquille, pas trop dur, pas trop rapide, un tempo régulier et fluide, le bon et paisible tempo auquel on reconnaît ceux qui doivent marcher loin. » Marcher de Tomas Espedal.

M. Rostropovich: J. S.Bach Suite n°3, BMW 1009 en do M

Le pluriel ne vaut rien à l’homme…

Une nouvelle fois nos hébergeurs, des hôtes attentionnés, empressés, des hôtesses charmantes et prévenantes. Il y aura Jacques en plein travail dans sa maison qu’il restaure. Il nous accueille gentiment dans sa salle de bain personnelle et nous dinons dans un gîte modeste mais bien équipé, avec une vue sur les environs des plus belle. Et puis Marie, maîtresse incontestée de sa chambre d’hôtes avec Philippe l’œnologue qui nous font découvrir les Beaujolais locaux. Et enfin Gilberte et Bruno les parents adoptifs de César l’un des 3 enfants mexicains qu’ils ont adoptés. Dans leur ferme, avec Gilberte et Bruno c’est un grand moment de poésie partagée, d’échanges divers et variés. En dégustant les quenelles préparées délicatement par César nous partageons sur la pédagogie, l’adoption, la ferme, l’informatique, les instituteurs du village, la municipalité, les prisons, les moines qui ont asséché les Dombes par paliers avec la jachère, Madagascar, le Mont-Blanc enneigé que l’on peut voir de chez eux, par temps clair.

Francesco ! Acte I, scène 3

Je t’avais enseigné tout ce qui était nécessaire à notre commerce…

Francesco, le Poverello, le Petit Pauvre et Dame Pauvreté s’estompent de mon rêve jusqu’à disparaître et sont remplacés par un vieil homme presque nu, une longue chemise de toile rude cachant à peine ses membres amaigris. Dans son allure on voit que ce vieillard a eu pignon sur rue, qu’il a été à une époque craint et respecté, c’est Pietro di Bernardone, le père de Francesco. Il s’assoit fatigué sur le banc où était Francesco il y a un instant et commence d’une voix éteinte :
Pietro di Bernardone : Je t’ai pris avec moi dans le magasin dès l’âge de quatorze ans, t’arrachant aux mains des chanoines, dont l’instruction ne t’apporte rien – bribes de latin, vernis de culture religieuse mal dégrossie, rudiments de calcul que je du ensuite reprendre de A à Z. D’année en année, je t’ai enseigné tout ce qui est nécessaire à notre commerce : comment apprécier la texture d’une étoffe, en détecter l’origine, en mesurer la valeur. Comment s’accorder à la mode venue de France. Comment entraîner un client au-dehors jusqu’au milieu de la rue pour lui faire apprécier à la lumière du jour le contour d’une broderie, la blancheur d’un drap, le brillant d’un damas…

mes sœurs les fleurs…


A ces mots, Pietro s’arrête se met la tête dans les mains, pousse quelques soupirs, on sent une grande douleur intérieure. Puis il reprend avec plus de force, plus de vivacité, comme si l’habitude du négoce renaissait.
Pietro : Je t’ai appris les règles en vigueur dans le négoce, montré comment tenir les comptes, faire les relevés des dépenses, comment mener tractations et marchandages, maîtriser ton langage et ta posture au comptoir…

mes frères les animaux…

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Pietro s’arrête, lève la tête, regarde les yeux brillants en direction du Nord, en direction de la France, puis montrant du doigt.
Pietro : A deux reprises, malgré ta jeunesse et l’opposition de ta mère, je t’ai emmené avec moi en France pour faire la tournée des grandes foires du royaume. Partis d’Assise en convoi avec d’autres drapiers et quelques orfèvres, nous rejoignons alors les caravanes florentines, encadrés d’hommes d’armes, car la route est longue et parsemée d’embûches. Dans les auberges où le soir nous échouons, épuisés par les cahots et le vent, je te surprends à tendre l’oreille pour ne rien perdre des gaudrioles des autochtones avinés. Il nous faut plusieurs semaines pour atteindre la Champagne. Sur les marchés de textiles, je te fais tâter la marchandise, observer l’éclat des satins, la légèreté des taffetas, la lourdeur des brocards.
Pietro s’arrête de nouveau, il dodeline la tête de gauche et de droite, en ayant l’air de dire: quel gâchis ! Puis il reprend plus sourd, avec comme un sanglot dans la voix.
Pietro : Docile, tu emmagasines tout cela avec une aisance incroyable, et j’en suis fier : ainsi tu en remontreras aux clients par ta science et tu feras l’admiration de la ville.

(à suivre…)

Entre Cluny et Saint-Cyr-le-Chatoux

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nos différentes étapes enregistrées avec RunKeeper…

Le prochain article : les DOMBES

à bientôt

225687à j’oubliais de vous signaler…
GEO EXTRA « Spécial Marches » N°6 mai-juin-juillet
Au sommaire : Compostelle, Guadeloupe (Léo et Élodie), Corse, la philosophie de la marche (Volker), dans les pas des écrivains randonneurs

23 réflexions au sujet de « Le BEAUJOLAIS »

  1. Merci Gilles, encore une étape si bel et bien agrémentée.
    Une étape inoubliable …
    Mais pourquoi ne parles-tu pas du beaujolais ?
    Nous en avons dégusté avec modération, il est vrai …
    Nous ne connaissions pas cette région magnifique avec des dénivelés qui offrent des perspectives « ludiques » et inoubliables !
    Dans « mes sœurs les fleurs », je crois reconnaître les ornithogales (asperges des bois) dont nous avons fait salade et omelette la semaine dernière…

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    • Chère Djojo et oui une étape si belle, et bien accompagnée.
      C’est vrai que nous nous en souviendrons de ces étapes de montés des cols sur le chemin des croix, sous une pluie battante… Ce n’était pas la croix et la bannière, mais tout de même un souvenir à marquer d’une croix !!!
      Alors vois-tu ma Dom, dans ces blogs j’essaie de mentionner les évènements, les coups de cœur, les coups de théâtre, les coups de tabacs, les coups de tonnerre, les coups de trafalgar signifiants, qui nous ont marqués. Et alors vraiment, vraiment, le Beaujolais, le vin, le picrate, le rouquin, la bibine ne m’a pas interpelé, je n’y ai même pas pensé en écrivant l’article. Que veux tu on ne perd pas ses gamma gt sans y laisser des plumes…

      Saint Gilles Croix de Vie

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    • «Ne vous ai-je pas assez rabâché les mêmes choses ? Travaillez excessivement à un travail dur et long. Tout amuse quand on y met de la persévérance : l’homme qui apprendrait par cœur un dictionnaire finirait par y trouver du plaisir ; et puis voyagez, quittez tout, imitez les oiseaux…»
      Gustave FLAUBERT

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  2. Comme le dit si bien Henry David Thoreau philosophe, naturaliste et poète américain :
    « Nous avons besoin de fortifiant de la nature sauvage, de patauger parfois dans des marais où se cachent le butor et le râle, d’entendre le cri guttural de la bécassine; de respirer l’odeur de la lâche murmurante … »

    « L’homme est contrainte, la nature est liberté pour moi… »

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  3. Un petit caillou dans ta chaussure Gil, mais pas dans ta plume !
    Et bien j’ai l’impression que ça a été rude quand même mais quelle joie profonde effectivement de sentir les moindres muscles de son corps au travail, vivants !
    Merci pour le clin d’œil à Babeth… un peu aviné le clin d’œil… 🙂
    je vous embrasse. O*

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  4. Bonjour à vous deux,
    Merci pour les conseils, je vais réévaluer les portions je pense.
    Je garde secret le contenu de votre sac, je m’en inspirerai pour composer le mien.
    Je dois recevoir ma carte bientôt, je pourrai à ce moment là voir où trouver de l’eau facilement. J’appellerai les refuges pour savoir si il est possible de poser la tente le soir, prendre un repas et débarrasser le plancher le matin de bonheur après un café.
    Merci encore,
    Prenez soin de vous…
    Julien

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    • Chère Michèle,
      C’est avec un très grand plaisir que nous faisons partager ces moments si intenses où on a vraiment l’impression de Vivre et de Vivre l’essentiel…
      Très Cordialement,
      Gil&Dom

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  5. quel plaisir de lire votre poésie et revoir le chemin, que j’ai découvert en juillet 2015 par d’autres degrés puisque la canicule était présente …

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    • Chère Marielle,
      Quel plaisir de lire vos commentaires, c’est un peu, le sou, le penny, l’écu lancé cordialement à l’artiste, c’est le bravo qui réconforte et nous murmure à l’oreille… Continue…
      Cordialement,
      Gil&Dom

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    • Oui, c’est un plaisir que de vous lire et de partager avec vous vos joies et vos souffrances, qui rappellent à ceux qui en ont connues de semblables, ce qu’ils ont vécu, parfois ! Bonne, très bonne continuation à vous !

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      • Cher François, cher Francesco… Un grand merci pour ce sympathique retour qui évoque deux états si importants induits par cette Marche qui nous pousse aux pieds : la Joie et la Souffrance.

        Des joies, oui de belles, seines, simples joies que nous vivons pleinement au cours de ces différentes pérégrinations… Les souffrances, légères, seines, simples elles aussi, car elles ne sont pas si terribles et ramènent à un effort nécessaire… Je dis dans l’article qui va suivre « Les DOMBES »…. Je dis donc : l’effort nous invite à la réflexion… Les mots ascension et ascèse ne sont ils pas cousins ???
        Mais cher François, je suppose que nous en reparlerons après la publication du prochain article… à suivre donc…

        Cordialement,
        Gil&Dom

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  6. Je ne néglige pas le reste,mais votre écriture personnelle est très parlante, très belle. Le chemin que vous écrivez me touche par la justesse de ce qu’il me rappelle. J’y suis. Ces cols successifs, ces cailloux, ces ouvertures inattendues sur des horizons illimités, ces descentes terrifiantes, ce souffle qu’il faut prendre à la gorge et dompter, ces arrivées à l’étape dans un état d’abrutissement et de bonheur un peu stupide, ces repas ordinaires qui ont l’air de banquets, ces nuits au sommeil si profond qu’on pourrait penser ne jamais se réveiller, ces départs le lendemain, parce qu’il faut y aller et que rester ne conviendrait pas non plus, parce que nous sommes profondément des nomades, et tout ce reste qui est indicible mais qui nous pousse à avancer sans raison ni obligation.
    Saluts respectueux et chaleureux à Dominique et Gilles.
    Christian

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    • Cher Grand Camarade,
      Tu ne peux pas savoir le plaisir et la satisfaction délicieuse que tu nous fais, avec ce superbe texte, cette poésie lyrique dont tu nous gâtes. Chacun de tes mots, chacun de tes maux, chacune de tes phrases nous les avons ressentis, endurés, vécus, aimés, sur les chemins du nomadisme qui font (presque) maintenant notre pain quotidien. Les cols, les cailloux, les descentes, l’abrutissement, le bonheur, les repas ordinaires, les départs et la satisfaction d’avancer sans raison, ni obligation… Cette sensation de vivre l’essentiel, de vivre quelque chose de fondamental et vital. Et cet indicible qui nous pousse, qui nous pousse… Cette allégresse ineffable si intense, si étrange, si mystérieuse, si extraordinaire…

      Mais comme le dit Paul Valéry : « Dans le métier de philosophe il est essentiel de ne pas comprendre. »
      Nous t’embrassons,
      Gil&Dom

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    • Bonjour Évelyne,

      Merci pour ton message, qui nous fait bien plaisir…
      Mais où te caches-tu petite cachotière ???
      J’ai l’impression de reconnaître ces très belles images, mais c’est tout…
      Cordialement,

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  7. Encore quelques journées difficiles monter dans les chemins pierreux et sous la pluie, en te lisant Gilles, je me rends compte que mon souffle, ma respiration a changé. Je reprends de l’air et continue ma lecture.

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    • Bab,
      Tu ne manques pas d’air ma Belle… Sist-Air. Le souffle, la respiration, l’air et pourquoi pas la bise, l’inspiration, l’expiration voire l’ Atmosph-Air… « Atmosphère, atmosphère, est-ce que j’ai une gueule d’atmosphère ? »
      Dans les côtes, comme dans les descentes et même dans la vie plus généralement, je crois que… « Mieux vaut encore ne pas avoir l’air que d’avoir l’air de ne pas avoir l’air…” Pierre Dac
      Bises,
      Gil-R

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